Les anciennes régions françaises constituent un chapitre révolu de l’organisation territoriale française. Jusqu’au 31 décembre 2015, la France métropolitaine était divisée en 22 régions administratives, chacune dotée de sa propre identité, de ses compétences et de son histoire[52][63]. Ces territoires, nés des réformes de décentralisation des années 1970-1980, ont vécu pendant près de quarante ans avant d’être transformés par la grande réforme territoriale de 2016. Cette cartographie historique témoigne d’une France aux multiples visages régionaux, aujourd’hui fusionnés dans un souci de rationalisation administrative et de compétitivité européenne[32][63].

Sommaire
Les 22 régions métropolitaines d’avant 2016
Liste complète des anciennes régions françaises
Entre 1970 et 2015, la France métropolitaine était structurée autour de 22 régions administratives, chacune constituant un échelon de gouvernance locale avec ses propres compétences en matière de développement économique, de transport et d’aménagement du territoire[52][37]. Ces régions, par ordre alphabétique, formaient la mosaïque administrative de l’Hexagone :
- Alsace (chef-lieu : Strasbourg)
- Aquitaine (chef-lieu : Bordeaux)
- Auvergne (chef-lieu : Clermont-Ferrand)
- Basse-Normandie (chef-lieu : Caen)
- Bourgogne (chef-lieu : Dijon)
- Bretagne (chef-lieu : Rennes)
- Centre (chef-lieu : Orléans)
- Champagne-Ardenne (chef-lieu : Châlons-en-Champagne)
- Corse (chef-lieu : Ajaccio)
- Franche-Comté (chef-lieu : Besançon)
- Haute-Normandie (chef-lieu : Rouen)
- Île-de-France (chef-lieu : Paris)
- Languedoc-Roussillon (chef-lieu : Montpellier)
- Limousin (chef-lieu : Limoges)
- Lorraine (chef-lieu : Metz)
- Midi-Pyrénées (chef-lieu : Toulouse)
- Nord-Pas-de-Calais (chef-lieu : Lille)
- Pays de la Loire (chef-lieu : Nantes)
- Picardie (chef-lieu : Amiens)
- Poitou-Charentes (chef-lieu : Poitiers)
- Provence-Alpes-Côte d’Azur (chef-lieu : Marseille)
- Rhône-Alpes (chef-lieu : Lyon)[52][65]
Spécificités et identités régionales
Chacune de ces 22 régions possédait sa propre identité territoriale, forgée par l’histoire, la géographie et les spécificités économiques locales. Certaines correspondaient aux anciennes provinces historiques comme la Bretagne ou l’Alsace, tandis que d’autres constituaient des créations administratives comme le Centre ou Poitou-Charentes[15][71]. Cette diversité créait parfois des disparités importantes en termes de superficie, de population et de dynamisme économique entre les territoires[66].

Analyse comparative des cartes historiques
Différences de représentation graphique
Les deux cartes présentées illustrent parfaitement l’organisation territoriale de la France d’avant 2016. Ces variantes cartographiques utilisent des codes couleur différenciés pour distinguer chaque région, permettant une identification visuelle immédiate des 22 territoires administratifs[10][28]. Les variations graphiques entre les deux versions révèlent les différentes approches de représentation cartographique de cette époque : couleurs, typographies et mise en page adaptées selon l’usage pédagogique ou administratif prévu.
Éléments cartographiques communs
Ces cartes mettent en évidence plusieurs caractéristiques communes de l’ancienne organisation régionale :
- Contours précis des 22 régions métropolitaines
- Identification des chefs-lieux régionaux
- Codage couleur permettant la distinction territoriale
- Échelle nationale incluant la Corse
- Légendes explicatives facilitant la lecture[28][54]
La réforme territoriale de 2016 : une révolution administrative
Objectifs de la fusion des régions
La loi du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions a bouleversé cette organisation quadragénaire en réduisant le nombre de régions métropolitaines de 22 à 13, effective au 1er janvier 2016[32][63]. Cette réforme ambitieuse poursuivait plusieurs objectifs stratégiques :
- Renforcement de la compétitivité face aux régions européennes
- Rationalisation des moyens administratifs et financiers
- Amélioration de l’efficacité des politiques publiques
- Création de pôles de taille critique pour le développement économique[64][66]
Correspondances anciennes/nouvelles régions
La transformation s’est opérée selon un schéma précis de fusions régionales, créant sept nouvelles entités territoriales de grande envergure :
| Anciennes régions fusionnées | Nouvelle région | Chef-lieu |
|---|---|---|
| Basse-Normandie + Haute-Normandie | Normandie | Rouen |
| Nord-Pas-de-Calais + Picardie | Hauts-de-France | Lille |
| Alsace + Champagne-Ardenne + Lorraine | Grand Est | Strasbourg |
| Bourgogne + Franche-Comté | Bourgogne-Franche-Comté | Dijon |
| Auvergne + Rhône-Alpes | Auvergne-Rhône-Alpes | Lyon |
| Languedoc-Roussillon + Midi-Pyrénées | Occitanie | Toulouse |
| Aquitaine + Limousin + Poitou-Charentes | Nouvelle-Aquitaine | Bordeaux |
Parallèlement, six régions ont conservé leur périmètre et leur identité : Bretagne, Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de la Loire, Corse, et le Centre (renommé Centre-Val de Loire)[32][52].
Héritage et nostalgie des anciennes régions
Débats sur la pertinence des fusions
La disparition de ces 22 régions historiques a suscité de nombreux débats et controverses. Selon la Cour des comptes, cette réforme n’a pas apporté les gains d’efficience escomptés dans les premières années de mise en œuvre, générant même parfois des surcoûts administratifs[66]. Les critiques portent notamment sur la perte d’identité territoriale et la complexification de certains processus de gouvernance.
Cas controversés et identités perdues
Certaines fusions ont particulièrement marqué les esprits. Le Limousin, petite région au fort caractère identitaire, a été absorbé dans l’immense Nouvelle-Aquitaine, suscitant des inquiétudes sur la dilution de son patrimoine culturel[67][15]. De même, le Poitou-Charentes, déjà considéré comme une création administrative artificielle, a définitivement disparu dans cette nouvelle mega-région[15][67].
L’Alsace, région à forte identité historique, s’est retrouvée noyée dans le Grand Est aux côtés de la Champagne-Ardenne et de la Lorraine, créant des résistances locales importantes. Cette disparition symbolique illustre les tensions entre rationalisation administrative et préservation des identités territoriales[32][68].
Un patrimoine cartographique révolu
Ces cartes des 22 anciennes régions constituent aujourd’hui des documents historiques précieux, témoins d’une époque révolue de l’organisation territoriale française. Elles rappellent une France des régions plus diverse, où chaque territoire conservait une échelle humaine et une identité propre, avant la logique de métropolisation et de compétitivité européenne qui a présidé aux fusions de 2016[68][73].
FAQ : Questions fréquentes sur les anciennes régions françaises
1. Combien y avait-il de régions en France avant 2016 ?
Avant la réforme de 2016, la France comptait 27 régions au total : 22 régions métropolitaines et 5 régions d’outre-mer. Seules les régions métropolitaines ont été concernées par la fusion.
2. Quand les 22 anciennes régions ont-elles été supprimées ?
Les 22 anciennes régions métropolitaines ont officiellement disparu le 31 décembre 2015. La nouvelle carte à 13 régions est entrée en vigueur le 1er janvier 2016.
3. Quelle était la plus petite ancienne région de France ?
L’Alsace était la plus petite région métropolitaine avec seulement 8 280 km², suivie du Limousin (16 942 km²). Ces petites régions ont justifié en partie la réforme de 2016.
4. Pourquoi avoir fusionné trois régions pour créer la Nouvelle-Aquitaine ?
La fusion de l’Aquitaine, du Limousin et du Poitou-Charentes visait à créer une région de taille européenne compétitive. Cette fusion a été décidée pour des raisons de cohérence historique (ancien duché d’Aquitaine) et de complémentarité économique.
5. Les anciennes régions existent-elles encore quelque part ?
Non, les anciennes régions n’ont plus d’existence juridique depuis 2016. Cependant, elles persistent dans certains organismes consulaires, associations et dans la mémoire collective des habitants.
Ces cartes des 22 anciennes régions françaises demeurent des témoins précieux d’une organisation territoriale révolue. Elles illustrent une France plus fragmentée mais peut-être plus proche de ses identités locales, avant que la logique de rationalisation administrative ne redessine définitivement le visage de nos territoires. Cette cartographie historique rappelle que les découpages administratifs ne sont jamais définitifs et évoluent selon les enjeux politiques et économiques de chaque époque.