TL;DR : Micro si CA modeste et besoin de simplicité. Réel (IR) si vos charges réelles dépassent l’abattement micro et que vous investissez. EI à l’IS si bénéfice récurrent et capacité à laisser de la trésorerie en entreprise. Séparation des patrimoines automatique depuis 2022. Seuils 2025 : micro ventes 188 700 €, micro services 77 700 € ; micro meublés non classés 15 000 € ; franchise de TVA base 85 000 € (ventes) / 37 500 € (services).

Sommaire
Contexte 2025 et rappel légal EI
Depuis le 15 mai 2022, l’entreprise individuelle (EI) bénéficie de plein droit d’une séparation des patrimoines professionnel et personnel. Les créanciers professionnels agissent en principe sur le seul patrimoine professionnel. Des exceptions légales existent (certaines dettes fiscales et sociales, fraude, garanties personnelles consenties au banquier). La micro-entreprise n’est pas un statut distinct : c’est un régime fiscal et social de l’EI. Vous pouvez donc être EI en micro, en réel (IR), ou opter pour l’IS sans créer de société, via l’assimilation fiscale prévue.
Côté environnement, 2025 voit la poursuite de l’effort de simplification des seuils et l’ajustement de la franchise en base de TVA. Les règles de micro-BIC pour les meublés de tourisme non classés sont durcies pour les revenus 2025 (plafond dédié 15 000 €). Résultat : le « bon » régime dépend plus que jamais de votre structure de coûts, de vos clients (B2B/B2C), de votre besoin de TVA déductible et de votre stratégie de rémunération.
Comment choisir : logique de décision
Le choix se fait en trois temps :
- Comparer l’abattement micro à vos charges réelles + amortissements. Si vos coûts réels dépassent l’abattement, le réel l’emporte souvent fiscalement.
- Tester la TVA : si vos clients sont assujettis (B2B) et vos achats/composants importants, collecter et déduire la TVA au réel peut améliorer vos marges nettes.
- Arbitrer IR vs IS : si vous n’avez pas besoin d’extraire 100 % du bénéfice et que vous pouvez capitaliser en trésorerie, l’IS permet de déduire votre rémunération et d’imposer le solde à 15 %/25 % sous conditions.

Micro-entreprise 2025 : seuils, TVA, quand c’est pertinent
Seuils micro 2025 (chiffre d’affaires annuel) :
- Vente de marchandises / hébergement (hors meublés de tourisme) : 188 700 €.
- Prestations de services BIC/BNC et professions libérales : 77 700 €.
- Meublés de tourisme non classés : seuil spécifique 15 000 € pour les revenus 2025 (déclarés en 2026).
Atouts : formalités et comptabilité très allégées, cotisations socialo-fiscales proportionnelles au CA encaissé, versement libératoire possible si RFR N-2 sous seuil. Idéal pour tester un marché, activités intellectuelles à coûts faibles, ou prestations simples en B2C sans TVA.
Limites : impossibilité de déduire les charges réelles et d’amortir, abattements parfois défavorables si vos coûts dépassent la moyenne du secteur, image B2B moins adaptée quand la TVA est un standard. Dépassements répétés des seuils font basculer au réel.

EI au réel (IR) : intérêts, obligations, indicateurs
Au réel, vous tenez une comptabilité complète et déduisez les charges effectivement engagées (achats, loyers, sous-traitance, abonnements, assurances, déplacements, etc.) et pouvez amortir vos immobilisations (matériel, informatique, aménagements). Vous collectez la TVA si vous dépassez la franchise ou si vous l’avez volontairement quittée, et vous la déduisez sur vos dépenses éligibles.
Intérêts : fiscalité « au plus juste » si vous avez des coûts significatifs ou des capex, meilleure lisibilité économique, crédibilité accrue en B2B. Indicateurs clés : marge brute, ratio charges/CA, niveau d’investissements, part des clients assujettis à la TVA, besoin de provisions.
Quand basculer : règle simple — si vos charges réelles + amortissements > abattement micro, le réel l’emporte souvent. Si vous anticipez un investissement important (matériel, locaux), le réel peut aussi s’imposer pour étaler l’effort via l’amortissement.

EI avec option IS : mécanisme, cas d’usage, garde-fous
Depuis 2022, une EI peut opter pour l’impôt sur les sociétés en étant fiscalement assimilée à une EURL (ou EARL). Conséquences : le résultat est imposé à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 € sous conditions PME, puis 25 %), votre rémunération est déductible du résultat IS et imposée personnellement dans la catégorie appropriée. L’option doit être notifiée avant la fin du 3ᵉ mois de l’exercice visé ; une renonciation est possible dans une courte fenêtre, puis l’option devient irrévocable.
Quand c’est pertinent : vous réalisez un bénéfice récurrent après une rémunération « de marché », vous n’avez pas besoin d’extraire 100 % du cash chaque année, et vous souhaitez capitaliser. L’IS peut réduire l’impôt personnel et stabiliser votre charge globale en modulant salaire/dividendes.
Garde-fous : complexité comptable accrue, double niveau d’imposition en cas de distribution, risque de sur-imposition si vous devez sortir beaucoup de trésorerie, formalités d’option et de suivi. La protection patrimoniale EI demeure mais n’empêche pas des garanties personnelles que peut demander un prêteur.

TVA 2025 : franchise en base et bascule
En 2025, la franchise en base de TVA reste l’outil central pour simplifier la facturation des petites activités. Repères usuels :
- Biens / restauration / hébergement : seuil de base 85 000 €, seuil majoré 93 500 €.
- Prestations de services et libéraux : seuil de base 37 500 €, seuil majoré 41 250 €.
- Avocats / auteurs : seuil de base 50 000 €, majoré 55 000 €.
Règle pratique : dépasser le seuil de base fait devenir redevable au 1er janvier suivant. Dépasser le seuil majoré entraîne l’assujettissement dès le 1er jour de dépassement. Attention : les seuils micro et les seuils de franchise ne se confondent pas. Vous pouvez être encore en micro, mais déjà assujetti à la TVA selon vos montants et votre activité.
Cotisations, ACRE, CFE et formalités utiles
ACRE : exonération partielle et temporaire de cotisations de début d’activité, sous conditions (type d’activité, contrôle effectif de l’entreprise, etc.). La réduction s’applique sur une période limitée ; la mécanique diffère pour micro et réel. La demande suit un calendrier strict via l’Urssaf.
CFE : exonération de première année civile à la création si vous déposez la 1447-C-SD dans les délais. Ensuite, CFE due selon la base minimale communale ; exonération permanente si CA ≤ 5 000 €. Pensez aux régimes d’exonérations locales (ZFU, ZRR, etc.).
Guichet unique : formalités en ligne centralisées pour créer, modifier et cesser votre activité. Prévoyez des délais en période de pic et conservez les récépissés.
Cas pratiques chiffrés
Cas A — Prestations intellectuelles BNC, coûts significatifs
Données : CA 70 000 € ; charges réelles 22 000 € (sous-traitance, logiciels, loyer pro, déplacements). Micro : abattement 34 % → base IR 46 200 € sans déduction réelle, pas d’amortissements ni de TVA récupérable. Réel : bénéfice 48 000 € (70 000 – 22 000), mais vous déduisez « au centime » et récupérez la TVA si assujetti ; amortissements lissent vos capex. Arbitrage : si vos charges réelles dépassent durablement l’abattement, le réel est plus efficient.
Cas B — E-commerce BIC avec achats élevés
Données : CA 180 000 € ; achats+logistique 132 000 € ; autres charges 12 000 €. Micro ventes possible (seuil 188 700 €), mais l’abattement 71 % peut ne pas refléter finement les coûts. Réel : déduction des achats et frais, récupération de TVA, pilotage des marges nettes. IS envisageable si vous générez un bénéfice récurrent et souhaitez en laisser en entreprise.
Cas C — Consultant B2B à forte marge
Données : CA 120 000 € ; charges 20 000 € ; besoin personnel annuel 48 000 €. Réel IR : tout remonte à l’IR et aux cotisations sociales. IS : vous fixez une rémunération « de marché » (déductible), laissez du résultat au taux de 15 %/25 % et arbitrez dividendes plus tard. Clé : l’IS devient pertinent si vous n’extrayez pas 100 % du résultat chaque année.
Cas D — Location meublée de tourisme non classée en 2025
Données : recettes 22 000 € de courte durée non classée. En 2025, seuil micro spécifique 15 000 € et abattement micro-BIC 30 %. Au-delà, réel obligatoire → charges réelles, amortissements, obligations locales. Conclusion : le modèle « saisonnier non classé » bascule vers le réel très vite ; alternative possible via classement ou location longue durée.
Checklist d’aide au choix
- Projetez votre CA, charges et capex à 12–24 mois.
- Calculez abattement micro vs charges réelles + amortissements.
- Identifiez vos clients B2B/B2C et l’intérêt de récupérer la TVA.
- Testez IR vs IS sur 3 ans, incluant cotisations et CFE.
- Vérifiez seuils TVA et conditions d’option, et anticipez la bascule.
- Si option IS, respectez la fenêtre « avant fin du 3ᵉ mois ».
- ACRE : éligibilité, dépôt dans les délais, calendrier d’atténuation.
- CFE : déposer 1447-C-SD l’année de création, puis suivre l’avis annuel.
- Gardez des preuves : devis, factures, contrats, attestations d’éligibilité.
FAQ
Micro-entreprise et EI, est-ce la même chose ?
Oui côté statut : la micro est un régime fiscal et social de l’EI. Le statut juridique reste « entrepreneur individuel ».
Puis-je opter pour l’IS en cours d’année ?
Vous devez notifier l’option à l’administration avant la fin du 3ᵉ mois de l’exercice concerné. Une renonciation est possible dans une courte fenêtre, puis l’option devient irrévocable.
Quels sont les seuils micro 2025 ?
Ventes/hébergement : 188 700 € ; prestations/libéraux : 77 700 €. Meublés non classés : seuil 15 000 € pour les revenus 2025 déclarés en 2026.
Quels sont les seuils de franchise de TVA 2025 ?
Biens/restauration/hébergement : base 85 000 €, majoré 93 500 €. Services/libéraux : base 37 500 €, majoré 41 250 €. Avocats/auteurs : base 50 000 €, majoré 55 000 €.
La résidence principale est-elle protégée ?
Oui contre les créanciers professionnels grâce à la séparation des patrimoines depuis 2022, sous réserve des exceptions légales fiscales/sociales et des garanties personnelles que vous auriez consenties.
Y a-t-il une exonération de CFE ?
Oui la première année civile de création si vous déposez la 1447-C-SD dans les délais. Exonération permanente si CA ≤ 5 000 €.
Sources
- Séparation des patrimoines de l’entrepreneur individuel — entreprendre.service-public.fr
- Entrepreneur individuel : ce qu’il faut savoir — entreprendre.service-public.fr
- Micro-entreprise : seuils et conséquences du dépassement (maj 2025) — entreprendre.service-public.fr
Dernière mise à jour : 2025-09-30. Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis professionnel personnalisé.